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Retour de Cuba et du XV Habano Festival (1)

Quartier touristique animé de la Havane.

Quartier touristique animé de la Havane.

C’est avec regret que j’ai quitté Cuba, île magique et paradis du fumeur après quinze jours d’un trépident et fructueux voyage dans sa capitale La Havane. Tel que promis avant mon départ, en voici quelques moments forts.

Arrivée le 24 Février tard en soirée à l’Hotel Comodoro un hotel à éviter pour sa désuétude mais qui abrite la « Casa del Tobaco, La Escogida ». Opérée par Andre Reyes Gilbert qui parle français soit dit en passant, la casa offre un choix intéressant de vitoles dans une athmosphère détendue. J’y ai fait la connaissance de Santo, un des meilleurs torcedor de Cuba. Avec plus de cinquante ans d’expérience, le gentil personnage roule sur place son propre mélange de tabac qu’il vend en exclusivité à cet endroit. J’y ai d’ailleurs fait mon premier achat, un dizaine de ses Coronas que j’ai entreposé en attendant le printemps et qui les aura vu maturer d’ici ce temps. Heureusement pour lui, malheureusement pour André et La Escogida, Santo s’est vu offrir par une compagnie étrangère une carrière de torcedor embassadeur qui le mènera aux quatre coins du monde. Qui refuserait une telle offre?  Lors d’une seconde visite à la boutique une semaine plus tard, le sympathique personnage n’y était pas. Avait-t-il déjà quitté? Possiblement, car la réserve de « Santo » avait beaucoup baissée dans l’humidor à son nom. Bonne chance à lui et gageons qu’André trouvera un digne remplaçant à notre homme. J’ai de plus déniché en fouillant quelque peu dans les armoires, une boîte de Trinidad Robusto « T » datant de Juillet 2010.

Santo, le Torcedor

Santo, Grand Torcedor de la Casa del Tabaco La Escogida dans l’hotel Comodoro, La Havane

Et tant qu’à être mécontents et disons-le, être loin de l’action, aussi bien  faire le grand saut. Alors, Taxi!, Hola senor, Hotel Nacional por favor! Et en quelques minutes le décor avait totalement changé. Cette fois, on y était vraiment. Ah!, La Havane! Érigé en 1930 sur un récif rocheux surplombant le Malecon, cet hotel, classé monument historique par l’Unesco, impose le respect de par sa situation géographique, son point de vue et son architecture. Avec ses 426 chambres, ses immenses jardins ouverts sur la mer, l’hotel de style colonial est la mecque du fumeur de Havane, son paradis. À part dans les couloirs et restaurants on peut y fumer partout. Énormément de célébrités y ont séjourné. Pour s’en rendre compte, il n’y a qu’à visiter le  »Bar Musée » de l’hotel ou des dizaines, voire des centaines de photos d’importantes figures artistiques et politiques du monde entier y son affichées. On a aussi donné le nom de « Churchill », qui d’autre, à un des autres bars de l’hotel. Ajoutez à ça une Casa de Habano avec fumoir logée au sous-sol du somptueux hotel et tout amateur de vitoles cubaines est comblé. Même à neuf heure du matin, les parfums odorants des vitoles cubaines viennent vous chatouiller les narines, quel bonheur. Ça fait changement des 10 mètres de restriction obligatoires imposés ici aux fumeurs qui désirent fumer près d’un édifice. J’ai tout de suite senti et dans tous les sens du terme que les congressistes présents pour le Habano Festival XV avaient pris possession de l’hotel. Ma compagne et moi avions fait le bon choix. Il y avait longtemps que nous nous étions promis d’y séjourner un jour et cette fois-ci, le Festival Habano XV nous en offrait la plus belle occasion. L’ambiance relaxante des jardins était tout à fait propice à la dégustation. Nous étions enfin dans l’antre du dragon. Surprenant toutefois car, malgré la réputation de l’hotel et la qualité du café cubain, on y sert aucun café alcoolisé tel les Cafés Espagnols ou Béziliens. Pas qu’ils ne connaissent pas, je m’en suis déjà fait servir dans des tout-inclus lors d’autres séjours dans l’ïle. Mais bref, nous en arrivions tout de même à nos fins.

Hotel Nacional, La Habana Cuba.

Hotel Nacional, La Habana Cuba.

Maintenant que nous sommes installés, direction Habano Festival XV. Dès le lendemain, rendez-vous dans un bâtiment situé tout près du Centre des Congrès ou se tenait le festival pour m’y procurer un laisser-passer pour la foire commerciale et les visites de plantation et de fabriques de cigares. Comme la foire commerciale n’ouvrait que le lendemain, je pris un taxi afin de me rendre à la Casa de Habano située dans le quartier chic du Miramar ou sont installées aujourd’hui la plupart des embassades étrangères à La Havane. De superbes maisons ayant appartenues aux riches et célèbres d’avant la révolution de 1959. À cet endroit, des surprises m’y attendaient. Comme il était aux environs de 13hre et que l’appétit commençait à se faire sentir, j’entrai dans le restaurant adjacent à l’établissement. Déjà à cette heure du jour, un trio de musiciennes jouait pour les convives. La salle à manger pouvant accueillir autour d’une cinquantaine de personnes était ornée de plusieurs éléments aux éfigies des grandes marques de cigares cubains. Je m’enfilai une délicieuse pizza trois fromages et oignons ainsi qu’une cerveza pour le chic prix de 5 CUC et quelques minutes plus tard j’étais en direction du fumoir situé à quelques pas de là, de l’autre coté d’une jolie petite cour intérieure.

Casa de Habano Miramar, La Havane, Cuba.

Casa de Habano Miramar, La Havane, Cuba.

Après une visite des lieux et surtout du grand humidor  »Walk In » qui s’étend longitudinalement sur trois murs, je me suis atablé au bar du fumoir. Là, un jeune serveur à la tenue impeccable me vante les qualités du rhum Santiago après que je lui eu commandé un café au rum à défaut d’un café espagnol, breuvage qu’il ne connaissait pas lui non plus. Je l’écoutai en pigeant un mot par ci par là, mon espagnol étant quand même limité et allumai un Belicoso Unicos de la maison Robaina que je venoais tout juste de me procurer. Cigare qui, sans le savoir, était l’élément qui allait être à l’origine d’un des grand moment de ces deux semaines. À mi-chemin de la vitole bien corsée et au goût franc des meilleurs cubains, je vis entrer dans le fumoir un individu d’un certain âge, pas très grand, un peu courbé, effet probable du temps passé à la récolte des précieuses feuilles dans ses champs et qui semblait connaître beaucoup de gens dans l’endroit à le voir se déplacer d’une table à l’autre tout en discutant avec les convives.

 

 

 

L'humidor "Walk In" de la Casa de Habano Miramar La Havane

L’humidor « Walk In » de la Casa de Habano Miramar La Havane

Alors qu’il arrivait près de moi, je le saluai d’un signe de tête et il fit de même. Curieux, je me présentai et  lui demandai qui il; était. C’est là qu’il me dit  »Je suis Carlos Robaina propriétaire de la ferme qui cultive le tabac que vous fumez présentement ». Et vlan, me voilà en train de discuter avec un patriarche de l’industrie cubaine de la culture du tabac. Carlos Robaina est en fait le fils du grand Alejandro Robaina, vénéré fondateur de la marque Robaina et grand connaisseur de tabac et de cigares cubains.

 

 

 

 

 

Alejandro Robaina. 20/03/1919 – 17/04/2010

Après quelques moments de discussion passés avec Mr Robaina, je lui ai demandé de me conseiller dans l’achat d’une boîte de ses cigares fabuleux et lui ai demandé après coup de me la signer et s’il pouvait m’honorer d’une photo prise en sa compagnie. Ce qu’il accepta d’emblée. Après plus de cinq minutes passées dans l’humidor avec le maître à examiner, osculter et retourner les boîtes afin d’en connaître les dates de fabrication, j’en ressortais avec cette magnifique boîte de Belicoso Unicos que je tiens dans ma main sur la photo ci-dessous et qui fut prise dans le salon privé de la Casa de Habano par un inconnu que j’allais connaître un peu plus quelques moments plus tard.

En compagnie de Carlos Robaina, fils de Alejandro, fondateur de la maison Robaina

En compagnie de Carlos Robaina, fils de Alejandro, fondateur de la maison Robaina

Je remerciai vivement et bien chaleureusement Mr. Carlos pour sa chaleur, sa courtoisie et sa disponibilité et le laissai poursuivre ses activités. Je me retournai ensuitre vers cet inconnu à qui Mr.Carlos avait demandé de prendre cette photo de nous deux et que ce dernier semblait connaître et le remerciai de l’avoir prise. Comme il parlait anglais, nous entamâmes une conversation et il me présenta à deux autres individus qui se trouvaient là. Il s’agissait d’un Néo-Écossais en vacances et qui semblait plutôt passer par là et un cubain qui parlait très bien anglais.  La discussion s’engagea donc autour du fait qu’il connaissait Carlos depuis une vingtaine d’années et qu’il était devenu très proche de la famille. Au fil de la conversation, il me raconte avec moultes détails qui rendent toutce récit de plus en plus crédible, l’histoire des tiraillements et déboires de la famille Robaina entre le père Alejandro, son fils Carlos et son petit-fils Roje, que j’au pu rencontrer un peu plus tard en journée au même endroit, et les femmes, filles, belles et petites-filles de la famille.

 

 

Ma boîte de Belicoso Unicos signée de la main de Carlos Robaina lui-même.

Ma boîte de Belicoso Unicos signée de la main de Carlos Robaina lui-même.

De quoi faire un film ou une série télévisée digne des meilleurs Dallas et Dynasty. Intrigues familiales, affaires internationales, héritages, luttes de pouvoir inter-générationelles bref, tout pour alimenter une grandiose fresque cubaine. Imaginons maintenant le tout filmé dans la toute verte et montagneuse région de Pinar del Rio et nous voilà en route pour un prix au Festival du Cinéma Latino Américain voire à Cannes pour le meilleur film en langue étrangère. Je me suis senti quelque peu privilégié d’avoir eu accès à ces informations.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Plantation de tabac dans la région de Pinar del Rio

Plantation de tabac dans la région de Pinar del Rio

Et puis, tout en m’offant une vitole sans étiquette à la cape foncée et terreuse qu’il sorti de son humidor de voyage, mon interlocuteur m’explique un détail que je ne connaissais pas à propos du fonctionnement de l’industrie du tabac à Cuba; chaque producteur doit vendre sa production à Habanos S.A. la société d’état qui gère la production et la vente des cigares cubains partout dans le monde. Bon, ça on savait. Il m’explique aussi  que chaque producteur peut conserver dix pour cent de sa récolte et en faire usage à sa guise. Encore là, rien de très surprenant. Ce qui l’est beaucoup plus cependant, c’est que dans le cas des Robaina qui possèdent à la fois une plantation et une marque à leur nom, ils n’ont pas le droit d’utiliser les feuilles de capes qu’ils produisent pour rouler leurs cigares. Carlos Robaina qui produit des feuilles de cape de qualité exceptionnelle ne peut les utiliser à la fabrication de ses propres cigares, Habanos S.A. se chargeant d’envoyer sa récolte vers des fabriques de marques supposément plus  »prestigieuses » et de  »réputation supérieure » et donc conséquemment pour la marque Robaina se faire « passer » des capes de moindre qualité pour ses cigares. Injuste selon moi de la part de l’état qui a vu Alejandro Robaina demeurer à Cuba après la révolution par amour pour son pays, sa famille et sa plantation et qui passa sa vie à travailler en collaboration avec l’état à l’amélioration des modes de culture du tabac et contribuer à forger la réputation dont jouissent aujourd’hui les vitoles cubaines, que de se faire reléguer à un statut de deuxième rang. C’était donc une partie de ce précieux dix pour cent que j’avais entre les doigts et que je fumais et dégustais avec énormément de plaisir que me confirmait et m’avait offert cette relation proche de Carlos Robaina. Un Corona Gorda aux bouffées longues a souhait en bouche et au parfum de café et de noisette à peine grillées. Sublime! Quoi de mieux finalement que de déguster une vitole aussi exclusive pour terminer un après-midi rempli d’autant d’émotions et de témoignages. Et ce, juste avant le « Taxi! Hola Senor, Hotel Nacional por favor!

"Taxi! Hola Senor! Hotel Nacional por favor!!

« Taxi! Hola Senor! Hotel Nacional por favor!!

 Il était 17h et je quittai ce généreux et affable personnage devenu en quelque part et en quelques heures presqu’un ami et que je revis à quelques reprises, notamment à la foire commerciale. Mais quelle journée!!!

La suite de ce trépident voyage dans un courrier ultérieur.

 

 

 

 

Bonne Dégustation!

CERTIFIED MEDALLION - jpeg

 
 

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