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Retour de Cuba et du XV Habano Festival (3)

Dans les jardins de l'Hotel Nacional à quelques moments du départ pour les plantations. Brume et brouillard au programme

Dans les jardins de l’Hotel Nacional à quelques moments du départ pour les plantations. Brume et brouillard au programme.

Quoi de mieux après la frénésie de la foire commerciale que de déguerpir et prendre le large pour disons, »deux jours de terrain ». Une première journée qui nous purifiera les poumons et nous dégagera les esprits quelque peu en nous transportant dans la région de Pinar del Rio pour une visite de plantations et la deuxième qui nous titillera les narines et papilles en nous proposant la visite des fabriques H.Upmann et Partagas

Alors, dès sept heure trente ce matin là, le lobby du Nacional s’anime et s’aglutinent des gens aux vêtements de plus en plus semblables. On aurait dit qu’ils appartenaient au même groupe sans toutefois l’être complètement. Mais un article qu’ils avaient à peu près tous et toutes à la main ou sur la tête allait les trahir, le chapeau de paille fourni par Habanos S.A. à leur arrivée à la Forteresse Morro deux jours avant lors des événements d’ouverture du festival.

 

 

Le "Chapeau"

Le « Chapeau »

Il était difficile de dire si cet article était pour nous être d’une quelconque utilité car la veille, certains prophètes de malheur annonçaient de la pluie. Néanmoins, Frances, la gentille hôtesse qui nous était assignée à titre de guide nous en refila quand même chacun un à moi et ma conjointe qui m’accompagnait en cette journée. Celle-ci avait tout de même débutée sous les nuages et le brouillard, ce qui laissait présager que les mauvais oracles allaient peut-être avoir raison. Mais voilà, le bus arriva et hop, « Hola senor conductor, Pinar del Rio por favor! » et en un rien de temps nous quittions l’hotel et pour quelques instants, ces idées pluvieuses. Et nous voilà en direction de la somptueuse région de Pinar del Rio. Un périple routier de près de deux heures vers l’ouest de l’île qui, à mesure que nous roulions, nous offarit des paysages qui verdissait de plus en plus et où la plaine se vallonnait et se côtoyait elle aussi de plus en plus. Le bas plafond de nuages et de brouillard qui couvrait la cime des montagnes du « Parque Nacional La Guira » que nous longions finit par s’élever et le « jour » se leva enfin aurait-on pu dire. Après un peu plus d’une heure de route, nous faisions escale en bordure de celle-ci dans un établissement touristico-commerciale où sont présents sur à peu près tous les T-shirts, tous les « Che » de ce monde. Mais si l’on s’aventurait à quelques mètres derrière le bâtiment, on découvrait une première plantation de tabac située à peine quelques dizaines de mètres de là. Je m’y déplaçai, ainsi que quelques autres passagers afin d’aller explorer un peu et prendre quelques photos.

À quelques dizaines de mètres de la première plantation visitée

À quelques dizaines de mètres de la première plantation visitée

Le gentil Veguero en plein travail.

Le gentil Veguero en plein travail.

Une dizaine de minutes plus tard, de retour dans le bus après avoir souhaité un « Buenos Dias » très « touristique » au gentil veguero exploitant qui nous avait offert son hospitalité et sa « producion » qui semblait tout de même honnête en terme de qualité.Une heure plus tard et après avoit traversé Pinar del Rio, charmante petite ville soit dit en passant, nous arrivions à San Juan y Martinez où nous attendait Yosvani Concepcion Alonso, exploitant de la ferme nommée en son nom par l’état et qu’il exploite.

Yosvani Concepcion Alonso

Yosvani Concepcion Alonso, veguero. Photo: Habanos S.A.

Avec noblesse et humilité, il nous fit visiter son champs et sa « Casa de tabaco »(entrepot de séchage) et nous expliqua que le tabac qu’il cultivait en était un réservé à l’élaboration de tripes et de sous-capes. Quel plaisir enfin de voir pour vrai ces feuilles toutes vertes et gorgées de soleil, que de se promener entre les rangées de plants, les humer, les regarder de près et les caresser. Et puis, une fois dans la « Casa de tabaco », d’admirer le travail des ouvrières qui comme des couturières enfilent les racines des feuilles afin de les attacher en paires avant de les susppendre à des« Cujes » ou perches de séchage qui seront ensuite suspendues elles-mêmes haut dans la maison. Du travail d’artisan qui se fait en silence ai-je pu noter. Des plus intéressant. L’accueil fut des plus chaleureux, les noix de coco étaient excellentes et l’heure passée des plus agréable. Nous quittâmes la plantation avec Yosvani à bord qui nous accompagna jusqu’à la fabrique locale où il avait fort probablement à faire. Très petite, pitoresque mais aussi très rustique, l’édifice habritait une « Galera » qui ne comptait environ qu’une trentaine de « Torcedors » et « Torcedoras » et qui se situait à l’étage. Ce dernier hébergeait aussi les habituelles salle de vieillissement et de fermentation.

Salle de séchage et enfilement des feuilles pour être attachées en paires aus perches "Cujes"

Salle de séchage chez Yosvani.  Enfilement des feuilles pour être attachées en paires aux « Cujes »(perches) en vue du séchage

Particularité, la salle de tri elle, était situé dans un autre édifice situé de l’autre coté de la rue. On peut présumer un manque d’espace pour expliquer cette situation. Effrectivement, la petitesse des lieux faisait en sorte que ça jouait amicalement du coude dans les passages entre les salles. Étonamment, cette journée on y roulait des Montecristo et ce, sans contôle apparent de la qualité. Je n’ai rien vu à cet effet. Peut-être était-ce à cause de l’exiguïté des lieux et le nombre de visiteurs sur place et que je n’aie pas vu les équipements. Où étaient-ils dans  une autre pièce? Je n’ai pu pousser l’enquête plus loin car le temps ne me le permettait plus, on nous avait déjà signalé la fin de la visite. Comme quatre autobus bondés étaient arrivés en même temps à cette toute petite fabrique située au milieu de nulle part, on aurait pu souhaiter une meilleure planification des déplacements des festivaliers de la part des autorités du festival mais compte tenu de la suite des étapes de la journée, ils n’avaient guère de choix, je crois. Malheureusement pour moi, c’est en arrivant à cet endroit que la batterie de mon apareil photo s’épuisa, ce qui explique l’absence de photos à partir de ce moment et pour le reste de cette journée. Nous reprirent ensuite le bus et « el conductor » nous conduisit pour le repas à un établissement hôtelier de Pinar del Rio muni d’une immense salle à manger extérieure et couverte. Endroit très certainement couru par les cubains pour leurs réceptions de mariages! À l’entrée, tous et toutes recevaient de la part de Habanos S.A., un Hoyo de Monterry Épicure No 2 et quelques billets donnant droit à des boissons alcoolisées. Musique, ambiance, chasse aux trésors animée et nourriture cubaine furent le lot des activités proposées lors de cette halte-repas. Puis, ce fut le retour à la casa Nacionale ou une dernière surprise nous attendait en cette fin de journée qui fut somme toute très agréable. En effet, était exposé de façon grandiloquente, officielle et avec escorte pour deux heures dans le hall d’entrée de l’hotel, un humidor réplique de l’Hotel Nacional commandé par la maison « Cohiba ». Humidor destiné à l’encan du festival et fabriqué à la main par un artiste cubain répondant au nom de « Gomez ». Wow! Toute une pièce, avec ses tiroirs remplis de Behike 56 occupant un étage chacun et par aile, fallait voir le chef d’oeuvre. Immense et élaboré avec moultes détails reliés à l’architecture de l’hotel. Magnifique! Le voici en photo.

Humidor Cohiba réplique de l'Hotel Nacional exposé à cet endroit

Humidor Cohiba réplique de l’Hotel Nacional exposé à cet endroit

Humidor Cohiba

Humidor Cohiba

Après une bonne nuit de sommeil, nous nous retrouvons, un peu les mêmes que la veille s’aglutinant une seconde fois en deux jours afin de prendre le bus qui nous transportera cette fois ves les fabriques H.Upmann et Partagas. Mentionnons d’abord que les deux fabriques sont aménagées dans des locaux temporaires pour cause de rénovations de leur bâtiment originel et se situent tout près l’une de l’autre dans le quartier Centro Habana près de la « Plaza de la Révolucion ».  Première visitée, la fabrique H.Upmann occupe une ex-fabrique Romeo y Julieta, tandis que la fabrique Partagas occupe des locaux ayant servi à d’autres usages. Aucune date de réouverture possible n’est encore avancée à cet effet pour les deux usines soit dit en passant. C’est donc dans une atmosphère quelque peu diluée que s’est effectuée cette deuxième visite. Dans ces locaux temporaires, pas de lecteur ou lectrice pour animer la « Galera » sinon un ghetto blaster qui innondait l’endroit de décibels « temporaires ». De plus, à cause d’une certaine exéguïté des lieux, les « Torcedors » et « Torcedoras » se retrouvent à devoir travailler dans plusieurs salles séparées ce qui nuit aussi à l’atmosphère de travail. Il nous a aussi été interdit par « mesure de sécurité » d’entrer dans ces salles, on nous a indiqué que la compagnie avait déjà été  victime d’espionnage industriel et qu’elle prenait ces mesures en ce sens. Il a donc fallu observer les « Torcedores » et « Torceroras » à travers les fenêtre de la cour intérieure du batiment. Nous avons tout de même eu accèes aux salles d’emballage, de vieillissement et de frementation. Une visite qui aura été somme toute de plus courte durée et certainement moins attrayante que l’eût été la fabrique mythique de la Calle Industria No 520 en rénovation majeures.

Visite de la Fabrique H. Upmann

Visite de la Fabrique H. Upmann

De son coté, la fabrique temporaire de H.Upmann parce qu’installée dans des locaux ayant déjà servis de fabrique était déjà plus accueillante. Tout d’abord une entrée digne de ce nom avec ce panneau nous rappelant les cent cinquante années d’existence de la marque. Un étage plus haut était aménagée cette immense « Galera » avec sa lectrice, telle une institutrice sur son promontoire surplombant ses dizaines de « Torcedores » et « Torcedoras » qui, comme de jeunes élèves tous et toutes placés en rangée bien alignées comme à la petite école, semblaient l’écouter religieusement. Il faut dire qu’avec toutes ses autres salles de triage, de fermentation, de vieillissement, d’entreposage, d’étiquettage, toutes réparties sur quatre ou cinq étages, c’est à un édifice d’environ 100,000pc. ou si vous préférez 30,500 m2 à l’intérieur lequel on a le plaisir de se déplacer.

 

 

 

"La Lectrice"

« La Lectrice »

L’atmosphère de travail y semblait beaucoup plus détendue que celle de la fabrique Partagas et l’on comprend facilement pourquoi. La circulation dans les différents couloirs et salles était facile. C’est d’ailleurs entre deux de ces étages que j’ai reconnu et salué James Sucklings, grand critique américain de vins et de cigares, éditeur en chef du prestigieux magazine Wine Inspector et éditeur pour la partie europe d’un autre prestigieux magazine et bien connu des amateures de havanes, Cigar Aficionado. Il faut aussi être sur place pour constater à quel point il faut des années de paratique à ces travailleurs et travailleuses pour maîtriser les techniques et développer la dextérité nécessaire à rouler vite et bien.

 

 

 

 

La "Galera" de la fabrique H.Upmann

La « Galera » de la fabrique H.Upmann

Car pour avoir observé les instruments de contrôle, notamment l’appareil à tirage, très peu de cigares échouaient le test. C’est en fin de périple, lors de la visite des espaces réservés à l’emballage et où sont apposés les timbres qui identifient finalement les modules roulés précédemment aux étages inférieurs, que l’on se rend compte qu’en cette journée on y roulait des H.Upmann Robusto esclusivo por los Casa del Habano, et des Cohiba Siglo IV Linea 1492, rien de moins.

 

 

 

 

 

H.Upmann Robusto. Esclusivo Casa del Habano

H.Upmann Robusto. Esclusivo Casa del Habano

Voilà qui complète ces deux « jours de terrain » bien remplis et qui concluera par la même occasion ce compte-rendu de voyage effectué à la Havane à Cuba dans le cadre du quinzième Festival Habano. En souhaitant que j’aurai pu vous transmettre ce serait-ce qu’une fraction de l’émotion qui m’a habitée tout au long de ces six jours palpitants et oh combien instructifs. Il est certain que j’y reviendrai.

 

 

 

 

 

 

Bonne dégustation!

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